4 sept. 2013

Methodologie par AERPROID

Methodologie du suivi du budget d'investissement

Recherche d'information

Deux  types d’informations sont recherchés dans le cadre du suivi du BIP à effectuer. Il s’agit des informations sur le cadre juridique et sur les projets à suivre. Ces informations sont collectées avant le suivi, après le suivi et à la fin de l’année budgétaire auprès des différents interlocuteurs tels que l’indique le tableau ci-dessous :
Tableau 1 : Informations à collecter
Etapes
Information recherchée
Source
Avant le suivi
Législation sur le comité de suivi
MINEPAT ; PTF ; OSC-suivi BIP
Cadre des marchés publics
ARMP
Journal des projets
MINEPAT ; site web du MINEPAT ; PTF ; OSC
Arrêté sur la composition du comité BIP local
Préfecture ; MINEPAT ; Comité de suivi ; OSC
Pendant le suivi
Journal des programmations des marchés
ARMP ; Comité de suivi ; OSC
Journal des projets détail des opérations
MINEPAT (SG ; DPI) ;
DR/MINEPAT
DD/MINEPAT
Site web MINEPAT
Cahiers des charges des projets suivis
Sectoriels ; Gestionnaires des projets ; Délégation des travaux publics ; Chantiers de mise en œuvre ; Comité de suivi
Date/période de tenue du comité de suivi local du BIP
MINEPAT ; Comité de suivi ; PTF
Cahiers de chantiers
Chantiers de mise en œuvre
Après le suivi
Taux d’exécution physique des projets
Comité de suivi ; OSC
Niveau d’engagement/ paiement du projet
Contrôleur financier ; Gestionnaire du projet
Niveau de satisfaction des populations
OSC locales et populations cibles des projets concernés

1.       Descentes d’information et d’identification des personnes à inviter pour l’atelier


A partir des informations exploitées dans les journaux des projets et des programmations de marchés, des extraits sont élaborés sous forme d’affiches (formats A4 et A3). Ces affiches sont par la suite collées et distribuées  aux populations  à des lieux publics (grands carrefours, bâtiments publics etc.). Au cours de ces affichages, les populations rencontrées sont également informées des autres étapes du projet, notamment de l’atelier d’information et de renforcement des capacités des populations.
L’atelier d’information et de renforcement des capacités des populations a une envergure départementale et se tient dans l’une des quatre communes concernées, notamment la plus ancienne. Les personnes à inviter pour cet atelier sont identifiées au préalable lors de la distribution des affiches sur le suivi du BIP et les projets à suivre. La liste de ces personnes doit inclure les autorités traditionnelles, religieuses, administratives, les riverains du projet et les élus locaux de la zone du projet de suivi du  BIP. Ainsi sont concernés :
o   Les élites locales
o   Les présidents des APEE
o   Les maîtres d’ouvrages
o   Les maires
o   Les bénéficiaires
o   Les sous –préfets
o   Les chefs traditionnels
o   Les sectoriels des projets BIP concernés

2.       Atelier d’information et de renforcement des capacités


Cet atelier vise à informer les participants sur les projets prévus (lieu, coût, maître d’ouvrage, gestionnaire,  prestataire et cahier de charge si possible), ainsi que sur les normes  légales de suivi du BIP  et sur les normes conventionnelles de construction des différents ouvrages et édifices publics. De manière spécifique, il est question au cours de cet atelier de :
-        Informer les participants des projets prévus dans leur localité
-        Informer les participants sur la loi concernant le suivi du BIP
-        Informer les participants sur leurs droits et responsabilités pour le suivi participatif
-        Expliquer l’approche et le processus du suivi participatif du BIP
-        Expliquer les éléments de base pour la construction de salle de classe et d’autres projets prévus dans le BIP
-        Distribuer les manuels/guides sur ces thèmes (p.ex. manuels/guides de VOIES NOUVELLES)
Au vu de la nature des informations à fournir aux participants, des personnes ressources sont associées à son déroulement. Il s’agit notamment du Délégué départemental du MINEPAT  (loi concernant le suivi du BIP, composition et fonctionnement du comité de suivi du BIP, mesures à prendre en cas de malfaçon constatée sur un site de projet etc.) et un ingénieur de génie-civil pour les normes conventionnelles de construction.
Les contacts de l’AERPROID sont  également partagés au cours de l’atelier pour permettre aux participants et interlocuteurs ainsi constitués de rapporter les malfaçons constatées ou identifiées sur le terrain. Le message véhiculé par l’atelier est directement fourni aux populations riveraines lors des visites de terrain de chaque site et lors des campagnes d’information sur les lieux publics.
En outre, sur la base des contacts pris lors de la descente d’identification des participants à l’atelier d’information et de ceux prix au cours dudit atelier, deux personnes par localité concernée par les projets inscrits au BIP sont identifiées et sollicitées pour leur collaboration. Ces interlocuteurs ont pour rôle de communiquer régulièrement à l’AERPROID des informations de terrain, relatives aux réalisations du BIP ainsi que des dénonciations d’éventuels manquements observés sur les projets exécutés ou en cours d’exécution dans leurs localités respectives.
Il est à noter que les informations ainsi recueillies sont recoupées et vérifiées par l’AERPROID avant d’être diffusées. 

3.       Descentes sur le terrain

Deux types de descentes sont effectués : les descentes ordinaires et extraordinaires
  1. Descentes ordinaires
Il s’agit des descentes ordinaires.  Elles interviennent  systématiquement une à deux semaines avant la réunion trimestrielle du comité départemental du suivi du BIP.
  1. Descentes extraordinaires de vérification
Ces descentes se veulent ponctuelles et inopinées. Elles sont motivées par une dénonciation citoyenne et visent à vérifier et documenter le problème posé, avec pour finalité un plaidoyer pour les mesures correctives auprès des autorités compétentes.
Toute descente nécessite une préparation logistique : information des interlocuteurs locaux, vérification de la disponibilité du matériel de vérification des normes de construction (mètre, niveau, etc.), de documentation (appareil photo, fiche de suivi  etc.) et de locomotion 


4.       Documentation


Au cours des descentes de terrain, les travaux réalisés ou en cours de réalisation sont photographiés. Les photos obtenues sont accompagnées de commentaires brefs et explicites capitalisées suivant une fiche prévue à cet effet, pour faciliter leur exploitation pendant l’élaboration du rapport destiné au comité de suivi du BIP. Ledit rapport fait ressortir :
 -        La description des constats
 -        Un résumé (vue globale du suivi effectué)
 -        Des diagrammes pour mieux traduire les constats poignants
 -        Des photos pour matérialiser les problèmes identifiés ou les succès observés


5.       Participation active aux ateliers de comité du suivi du BIP

Au cours de chaque session du comité départemental de suivi du BIP, les informations récemment collectées permettent à l’AERPROID d’éclairer la lanterne des responsables et participants, par rapport aux réalités du terrain.
Cette activité intervient en deux temps :

Ø  Avant chaque session du comité


Il est question de rechercher au préalable l’information sur la date de tenue de chaque session du comité. Par la suite, un rapport illustré de photographies est élaboré et transmis au Délégué du MINEPAT en charge du comité départemental du suivi du BIP. Enfin, un power point doit être préparé à l’aide des informations collectées et traitées à l’issue des visites de terrain. Il est à noter qu’au préalable, ledit rapport doit avoir été validé en interne au sein de l’AERPROID.

Ø  Pendant chaque session du comité

La projection du rapport de suivi doit intervenir en plénière à l’aide du vidéo projecteur. L’objet de cette projection est de présenter les malfaçons et mauvaises pratiques observées sur le terrain. Pendant chaque session du comité de suivi, il est question de veiller également au suivi des recommandations et décisions correctives prises au cours des sessions précédentes. Cette action est suivie d’un plaidoyer en vue de la correction des insuffisances constatées.

Action projeté


ACTION PROJETEE
EDUCATION A UNE CITOYENNETE ACTIVE ET PARTICIPATIVE DANS LE MBAM ET INOUBOU
Objectif global : Créer à la fois un cadre propice et encourageant la participation citoyenne des populations, mais également la promotion d’une culture de la transparence et de la redevabilité chez les élus locaux dans les collectivités locales d’intervention.
Objectifs spécifiques
ü  Amener les populations à avoir plus de pratiques citoyennes dans la gestion de leur localité ;
ü  Créer un cadre de consultation communale, en vue de faire adopter aux Communes de Ndikiniméki et de Nitoukou une Demande Participative en d’Investissement Public
ü  Renforcer le dispositif institutionnel de suivi du BIP du Mbam et Inoubou à travers la collecte, le traitement et la diffusion  des informations de terrain relatives à l’exécution des investissements publics destinés aux communes de Ndikiniméki et Nitoukou

Groupe(s) cible(s)
Autorités traditionnelles, organisations à base communautaires, leaders d’opinion et d’associations locales, élus locaux,
Bénéficiaires finaux
Populations et services utilisateurs des investissements publics, élus locaux
Résultats estimés
*       Les conseillers municipaux, le personnel communal et les populations sont capacités et outillés pour mieux s’impliquer et participer à la gouvernance locale de leur commune
*       L’évolution de la gouvernance locale est appréciée de façon permanente dans chacune des communes de la zone du projet
*       Les investissements publics dans les communes de la zone du projet sont en adéquation avec la réalité de terrain et tiennent effectivement compte des intérêts des populations à la base
*       L’effectivité et la qualité des investissements publics sont garanties à travers la participation citoyenne au suivi de l’exécution physico financière des investissements publics des communes de Ndikiniméki et Nitoukou
*      La capitalisation des acquis du projet est effectuée et diffusée dans la zone du projet et au-delà.
Activités principales
(i)              Organisation d’un atelier de lancement du projet
(ii)            Renforcement de capacités des conseillers municipaux et représentants des populations sur la décentralisation, le suivi participatif des investissements publics
(iii)           Elaboration et adoption de la demande participative d’investissement public  de la zone du projet pour 2014,
(iv)           Organisation d’un atelier d’information et de renforcement des capacités des populations et services bénéficiaires des investissements publics
(v)             Descentes de terrain pour le suivi effectif de l’exécution physico financière des investissements publics de 2014 et 2015
(vi)           Production et diffusion d’un mini bulletin d’information sur le projet

ARTICLES DIVERS SUR L’ACTION PHARE PROJETTEE

1.   Contexte et pertinence de l’action de suivi du BIP (Budget d’Investissement Public)


Au regard de la loi n° 2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation au Cameroun, la décentralisation consiste en un transfert par l’Etat, aux collectivités territoriales décentralisées (communes et régions) de compétences particulières et de moyens appropriés. Les collectivités territoriales décentralisées (CTD) ont pour mission de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, éducatif et sportif aux niveaux régional et local. La décentralisation est donc un environnement qui favorise le déroulement du développement local, car elle permet au mouvement de développement local d’accéder à une certaine légitimité.
Il est utile de relever que beaucoup pensent que le Développement Local n’est possible que s’il y a des collectivités locales pour en assurer le pilotage et la mise en œuvre. Il est certes vrai que la présence des collectivités locales et d’élus redevables devant les citoyens est un cadre indéniablement favorable à une démarche de développement axée sur la définition d’un projet d’avenir concerté et légitime vis-à-vis de l’Etat. La présence d’élus ne suffit pas cependant. Il faut que ceux-ci aient une véritable volonté de concertation et soient désireux et capables de mobiliser les initiatives locales. Sans cela, il peut y avoir décentralisation sans développement local. C’est à ce titre qu’un arrêté du MINEPAT portant organisation et fonctionnement du comité de suivi du budget d’investissement public (BIP) donne la possibilité aux organisations de la société civile (OSC) de s’impliquer au suivi participatif du budget d’investissement public.
L’existence d’un cadre institutionnel ouvert à la participation citoyenne des populations et de la société civile à la planification et au suivi des investissements publics constitue une importante ouverture pour l’effectivité de la participation citoyenne dans la promotion du développement local. A ce titre, d’importants défis sont à relever dans le cadre d’une démarche qui se veut garante du respect des principes de bonne gouvernance dans l’action publique au sein des communes, comme principal espace de manifestation du développement local. Il s’agit notamment du  renforcement de l’autonomie et de la participation des acteurs ainsi que d’un dialogue permanent entre les bénéficiaires directs des projets et les acteurs d’exécution. 

2.   Participation citoyenne : besoins et contraintes particulières dans le Mbam et Inoubou

Du fait entre autres de la persistance des problèmes de gouvernance dans le domaine des marchés publics, la corruption et le détournement des derniers publics s’amplifient au Cameroun comme dans beaucoup d’autres pays du monde. Cette situation se manifeste par la non ou la mauvaise exécution des réalisations faisant l’objet des marchés publics, en particulier ceux financés par le Budget d’Investissement Public (BIP). Si rien n’est fait, elle risque de s’aggraver compte tenu de la très forte responsabilisation des collectivités territoriales décentralisées  (CTD) dans le cadre de la mise en œuvre du processus de décentralisation dont l’effectivité dépend encore d’un véritable transfert des compétences. En outre on observe une très forte inadéquation des investissements réalisés, à cause d’un déficit criard de consultation et de participation des populations et services bénéficiaires à leur conception et programmation. Cette situation semble se justifier aussi par la non maitrise par les populations des concepts de décentralisation et de citoyenneté, et la faible synergie entre les services administratifs impliqués dans la chaine de programmation et de suivi des investissements publics.
Sur initiative du gouvernement et de ses partenaires, le Budget d’Investissement Public est suivi par un comité mis en place à cet effet dans chaque chef lieu de département du Cameroun. Cependant, quelques constats tenant lieu de faiblesses du système d’élaboration et de  suivi du BIP en place sont faits. En effet, on peut déplorer dans la majorité des localités concernées par l’investissement public un faible niveau d’information des populations sur les réalisations prévues ou en cours d’exécution dans leur village ou leur commune. On peut également déplorer l’annonce dans le journal annuel des projets BIP des investissements contradictoires par rapport aux besoins réels d’une localité( par exemple construction d’un bloc latrines dans un établissement qui en bénéficie déjà , au lieu de la  réhabilitation d’une salle de classe construite par les parents et en parfait état de délabrement).Cette situation favorise un déficit de mobilisation des populations bénéficiaires pour le suivi des investissements publics ainsi identifiés, de même que la pérennisation des ouvrages/réalisations qui en découlent.
Il faut également noter que comme dans la plupart des départements, le suivi du BIP par le comité départemental de suivi du BIP du Mbam et Inoubou présente encore des manquements parce que s’opérant de manière plus administrative que technique dans la plupart des communes, pourtant nécessaire pour favoriser une action de suivi de proximité des interventions de contrôle de l’exécution des projets. Fort de ce qui précède et dans un souci de promouvoir une planification et un suivi d’investissements publics plus participatifs et de contribuer ainsi à l’amélioration de la gouvernance locale en générale, et de la gestion des ressources publiques, en particulier, l’ Association de Recherche et de Promotion des Initiatives de Développement (AERPROID) s’implique depuis l’année 2011 dans le suivi du BIP au niveau du département du Mbam et Inoubou (Région du Centre) pour ce qui est des secteurs proches de ses cibles d’intervention, notamment les secteurs de l’éducation, de l’eau, de l’agriculture, de l’énergie, de la santé et des travaux publics. En 2011 et 2012, 50 projets dont le montant global s’élève à 350 000 000 F CFA environs ont été suivis par l’AERPROID dans le Mbam et Inoubou, notamment dans les communes de Ndikiniméki et Nitoukou, Par ce suivi, les populations concernées ont été informées à leur grande satisfaction des projets inscrits au BIP 2011 et 2012. Tous les projets des quatre arrondissements sont effectivement entrés dans le processus d’exécution et au moins 90 % de ces projets ont entièrement été réalisés selon les règles de l’art, malgré quelques malfaçons relevées et signifiées aux maîtres d’œuvre pour correction avant les réceptions définitives.
L’AERPROID entend poursuivre dans la même lancée l’action de suivi participatif du BIP  en 2013 dans les mêmes communes du Mbam et Inoubou, à savoir : Ndikiniméki, Nitoukou, Makénéné et Kon-Yambetta. Cette fois-ci, avec une démarche qui se veut innovante et qui prévoit l’appui des communes à l’élaboration d’une demande participative d’investissements publics, pour que soit résolue l’inadéquation entre les réalités locales et les projets simplement inscrits sur une liste par les pouvoirs publics.

3.   Appui à la participation citoyenne : Groupes cibles et bénéficiaires finaux

60 conseillers municipaux, 30 APEE (Association des Parents, Elèves et Enseignants),50 chefferies  traditionnelles dont 02 de 1er degré et 48 de 3ème degré, plus de 20 responsables sectoriels utilisateurs des investissements publics pour le compte de l’éducation de base, de la santé de l’eau, de l’énergie, des enseignements secondaires, du MINATD,etc et 40000 hommes et femmes répartis dans les 2 communes constituent les groupes cibles du projet. Le rôle de toutes ces cibles est capital aussi bien dans le suivi du BIP que dans la définition des priorités à inscrire dans les journaux de projets destinés au financement par le Budget d’Investissement Public. Ces acteurs devront être sensibilisés et consultés dans le cadre de l’élaboration de la demande d’investissement publique. Les sectoriels quant à eux devront participer au choix des projets en qualité de bénéficiaires (utilisateurs des services et ouvrages financés par le BIP et de maîtres d’ouvrage pour la plus part d’entre eux. Les autorités traditionnelles devront faciliter la mobilisation des populations dans le cadre de la participation et du contrôle citoyen en matière de programmation et de suivi des projets à financer par le BIP. Le contrôle citoyen s’effectuera dans un esprit de concertation et de collaboration entre les populations, les organisations à base communautaire, les autorités traditionnelles et les maîtres d’ouvrages dont les communes à travers leurs différents exécutifs. Le renforcement des capacités devra bénéficier à la fois aux populations et aux exécutifs communaux pour une meilleure participation au projet pendant et après le financement du PASC, dans la mesure où c’est chaque année que l’Etat prévoit et réalise des investissements publics sur toute l’étendue du territoire camerounais.

Besoins et contraintes par groupe cible et de bénéficiaire final.

Besoins :la participation et le contrôle citoyen dont il est question dans le projet sont pour l’ensemble des cibles justifiés par la nécessité d’une réelle volonté des décideurs de se concerter avec les bénéficiaires finaux des investissements à eux destinés, et par un besoin d’éducation et de formation sur les notions et les concepts qui soutendent l’implication de la base dans la gouvernance locale. Les contraintes : il existe un véritable déficit d’information, d’organisation et de formation des populations. Beaucoup d’entre elles ne savent même pas qu’elles ont un droit de regard sur les investissements que l’Etat réalise dans leurs communes. Il faut aussi avouer que dans le cadre du contrôle citoyen, les élus locaux tout comme les populations sont très limités dans l’appréciation technique des travaux réalisés dans les chantiers, du fait de la non maîtrise des rudiments techniques y relatifs.
Démontrer la pertinence de la proposition par rapport aux besoins et contraintes des groupes cibles et bénéficiaires finaux.
En fonction des besoins et contraintes des groupes cibles et des bénéficiaires finaux, la stratégie du projet s’articule autour des points suivants :
  Influence positive de la gouvernance locale en général et dans le domaine des marchés publics en particulier : pertinence des investissements programmés et meilleure exécution des réalisations
  Renforcement des capacités des élus locaux et des populations dans le cadre de la mise en œuvre du processus de décentralisation
  Maximisation de la mobilisation des populations bénéficiaires des investissements publics à la conception, la programmation et au suivi des réalisations, avec incidence véritable sur la pérennisation des ouvrages/investissements qui en découlent.
Processus participatif qui assure une participation des groupes cibles et bénéficiaires finaux.

Le processus participatif de l’action se présente à deux niveaux :

Elaboration de la demande participative des  investissements publics : il s’agira des diagnostics participatifs à travers des consultations publiques au niveau de chaque conseil municipal élargi aux sectoriels et aux représentants des populations locales (leaders associatifs, autorités traditionnelles). A partir de ces diagnostics, des solutions aux problèmes prioritaires seront identifiées et transformées en projets secteur par secteur en vue de l’insertion dans le journal du BIP, dans le budget communal, et celui de tout autre potentiel partenaire de chaque commune. La participation des sectoriels et des élus locaux dans ce processus permettra de coordonner la répartition spatiale des besoins en investissement ainsi déterminés et surtout d’apporter l’expertise nécessaire à l’évaluation préalable de la conformité des projets définis avec les politiques et normes sectorielles.
En ce qui concerne le suivi participatif des investissements publics, le processus consistera à :(a) multiplier et distribuer les listes des projets BIP de 2023 dans chaque commune de la zone du projet pour permettre aux populations, aux élus locaux et aux sectoriels de connaître les projets dont ils vont suivre l’exécution dans un esprit de contrôle citoyen (b) organiser un atelier regroupant tous les groupes cibles et bénéficiaires finaux pour le renforcement de leur capacités en matière de suivi participatif. Au cours de cet atelier, les articulations porteront entre autres sur les fondements du suivi participatif, le cadre institutionnel et les rudiments techniques nécessaires pour l’appréciation des travaux dans les chantiers (c) inciter les riverains des projets exécutés à visiter les sites de réalisation et de remonter vers l’AERPROID en tant qu’OSC accompagnatrice, les informations sur les constats de terrain. Ces informations une fois recoupées, seront capitalisées et transmises au comité départemental du suivi du BIP pour exploitation et prise des mesures nécessaires (d) en vue du plaidoyer pour l’effectivité des mesures correctives des malfaçons, un mini bulletin ouvert aux articles des différents acteurs du projet sera produit et diffusé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone du projet. Un tel mécanisme pourra tout au moins dissuader les maîtres d’ouvrages négligents ou complaisants par rapport à la non ou mauvaise exécution des projets.

L’action est étroitement en phase avec la politique nationale et internationale actuelles en faveur du respect de la chose publique et de la redevabilité de tout citoyen quelque soit le niveau où il se situe. Le projet concourt spécifiquement à (i) intégration de l’investissement public adéquat et prenant en compte les attentes et aspirations profondes de la base dans les budgets communaux et le Budget d’Investissement Public (ii) élargissement du champ du suivi participatif à toutes les sources d’investissement public des communes (iii) adjonction de la programmation participative au dispositif de suivi participatif des investissements publics et (iiii) évaluation ante et post élaboration du journal des marchés publics sera désormais une des principales activités des populations bénéficiaires des investissements y relatifs.
L’action est très attendue par les maires concernés ainsi que le Délégué départemental du MINEPAT et le Président du comité départemental du suivi du BIP, en tant que élu (député) et son adjoint (membre de la société civile (Pasteur). Tous ces acteurs ont pris part à l’identification et la conception de l’action pendant notre période de collaboration antérieure.

Description des objectifs de l’action.

L’action recherche l’amélioration de la participation et du contrôle citoyens dans la prise de décision et le suivi évaluation dans le domaine de l’investissement public au sein des communes. Cela va passer par l’information/sensibilisation, la formation et les consultations des intervenants à différents niveaux. Il est précisément question de (i) influence positive de la gouvernance locale en général et dans le domaine des marchés publics en particulier : pertinence des investissements programmés et meilleure exécution des réalisations (ii)  renforcement des capacités des élus locaux et des populations dans le cadre de la mise en œuvre du processus de décentralisation (iii )maximisation de la mobilisation des populations bénéficiaires des investissements publics à la conception, la programmation et au suivi des réalisations, avec incidence véritable sur la pérennisation des ouvrages/investissements qui en découlent.

Acteurs clés, attitude vis-à-vis de l’action.

L’action sera animée et coordonnée par l’AERPROID, Cette OSC (Organisation de la Société Civile) est basée à Ndikiniméki, l’une des communes de la zone d’activité. AERPROID est activement impliqué dans la promotion de la gouvernance locale à travers son action de suivi participatif du BIP dans le Mbam et Inoubou, notamment dans les  communes de Ndikiniméki, Nitoukou, Makénéné et Kon-Yambetta de 2011 à 2012. Pendant tout ce temps, de très bonnes relations ont été établies avec les populations des villages, les autorités traditionnelles, les sectoriels et maîtres d’ouvrages et particulièrement le Délégué départemental du MINEPAT, en charge de la coordination des initiatives de suivi de l’investissement public dans le Mbam et Inoubou. La collaboration avec le MSORAD, partenaire d’AERPROID au présent projet et porteur également d’une démarche innovante axée sur l’appui des communes à l’élaboration des budgets participatifs sensibles au genre boosterait l’ambition et la réalisation d’une demande participative des investissements publics dans la zone du projet.

Activité,  résultats et outputs y afférents + liens/relations entre groupes d’activités.

Les activités porteront sur le renforcement des capacités, l’élaboration d’une demande concerté de l’investissement public, le suivi des projets BIP et la capitalisation avec comme indicateurs :  (i) 40 personnes constituées de conseillers municipaux, de représentants des populations et agents communaux des communes de Ndikiniméki et Nitoukou sont formées sur la décentralisation et le suivi participatif des investissements publics, (ii) 01 commission de veille et d’alerte pour la bonne gouvernance locale est créée et opérationnelle dans chaque commune, (iii) 01 liste des projets destinés au BIP et au budget communal  de la zone du projet pour 2014 dressée, (iiii)  état d’avancement de 100 % des projets inscrits au BIP 2013 de la zone du projet dressé (iiiii) 75 % de dénonciations citoyennes enregistrées de la part des populations font l’objet de décisions correctives prises par les  (iiiiii) 01mini bulletin d’information sur la programmation et l’exécution des investissements publics dans la zone du projet est produit et diffusé en au moins 1000 exemplaires.